Le Projet de Bande Dessinée

Cette année, le consulat du Togo a fait appel au Club INSA BD Manga pour mener à bien un projet de bande dessinée qui s'inscrit dans le cadre de leur travail de commémoration sur l'esclavage. Le projet tourne autour de la maison des esclaves d'Agbodrafo ou Woold-Homé qui a été classée patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005.

Le cadre historique

"Woold Homé", d’après l’appellation locale, est la maison de Wood, commerçant et négrier anglais. Cette maison est construite peu après l’installation à Agbodrafor en 1835 d’une fraction du clan Adjigo chassée d’Aného et conduite par le Chef Assiakoley. Habitués à la pratique de l’esclavage sur les côtes d’Aného, le chef et ses notables ne pouvaient abandonner ce commerce juteux malgré les injonctions des puissances occidentales et la surveillance des croisières antiesclavagistes dans le Golfe du Bénin.

Le chef Assiakoley usa de subterfuge et fit construire ce bâtiment de 21,60 mètres de long et de 9,95 mètres de large, composé de six chambres, d’un salon, des couloirs de 1,5 mètre de large et une cave de 1,50 mètre de hauteur sur tout le pourtour de l’édifice. Il affecta les chambres chichement aménagées à l’hébergement des négriers, et la cave, à l’état nature, au casernement des esclaves. Dans cette cave, il était impossible de se mettre debout. L’esclave restait assis, accroupi ou couché dans une moiteur indescriptible. Des matériaux locaux et importés tels que ciment, briques cuites, lattes de rôniers, tôles galvanisées et sable de mer ont servi à architecturer cette villa dans le style afro-brésilien qui caractérise les maisons de cette époque. Elle fut donc conçue et bâtie dans le dessein d’exercer une double fonction liée au commerce triangulaire. Situé à une altitude de 10 mètres et à trois kilomètres de l’Océan atlantique, elle a accueilli des milliers de captifs provenant des localités réparties aujourd’hui entre le Togo, le Bénin, le Ghana, le Burkina Faso, le Niger et le Nigéria.

Toutes ces victimes transitèrent par la cave de Woold Homé et Gatovoudo, un puits dénommé "puits des enchaînés" où les esclaves prenaient leur ultime bain "de purification " en terre africaine avant leur embarquement vers les Amériques. Woold Homé est donc un monument esclavagiste par excellence et un témoin de cette tragédie humaine qui se déroula sur les côtes togolaises entre le dernier quart du XVIIème siècle et la fin du XIXème siècle. Défonctionalisé depuis l’arrivée des Allemands au Togo, il sert aujourd’hui d’habitation à une famille descendant du chef Assiakoley. Il demeure un site qui émeut par son histoire, le rôle qu’il a joué dans la traite négrière, et sa structure physique qui garde encore toutes ses composantes. Les habitants d’Agbodrafo ont une peur bleue de ce lieu repoussant par son histoire que les traditionnistes et la tradition orale tentent d’occulter depuis la fin du trafic. Il est l’un des sites expressifs à inscrire dans le circuit touristique de la Route de l’Esclave. (Source: Site de l'UNESCO)

Le cadre fictif

A l'initiative du consul honoraire du Togo en Rhône-Alpes, M. Dessalces, le projet a commencé en 2011 avec l'écriture d'une pièce de théâtre par Jacques Bruyas nommée "Moi, Jacob, l'esclave d'Agbodrafo Woold Home". Cette histoire sous forme de monologue raconte l'histoire de Jacob, un togolais qui se retrouve réduit en esclavage malgré lui sous la coupe d'un britannique nommé John Henry Wood. Il raconte ce qu'il a vécu lors de sa servitude tant sur sa condition propre que sur celle des autres. De la création de cette pièce de théâtre, s'en est suivie une série de représentations en France et au Togo, notamment de la troupe togolaise COMPA NOVA qui la joue encore.

Afin de prolonger ce travail de commémoration, une bande dessinée fût commandée à un étudiant togolais en Géographie se nommant Kokou Founou. Il produisit une première version de 36 pages inspirée de la pièce de théâtre de Jacques Bruyas. Les planches transmises, le consul fit appel à notre club afin de finaliser la Bande Dessinée sur le plan scénaristique et graphique. Ainsi, notre club se retrouve impliqué dans un projet en collaboration avec le consulat du Togo Rhône-Alpes, le ministère de la culture, la ville de Lyon et la ville de Villeurbanne.

Le concours

Dans le cadre de notre intervention sur la bande dessinée, nous avons proposé à toute personne intéressée, amateur ou professionnel, de réaliser la première et la quatrième de couverture de l'ouvrage.

La réalisation qui a été déclarée vainqueur a permis à son créateur de gagner la somme de 150€. Ainsi, notre grand gagnant est Calwin Ly avec la participation suivante. Bravo à lui